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InvitéInvité
Dim 3 Juin - 11:54

♦️ Dans la Vraie Vie ♦️


♣️ Pseudo : Abysse
♣️ Prénom : Alison
♣️ Age : 20 ans (bientôt =O)
♣️ Job : Etudiante, prépa maths spé
♣️ Hobbies : Manger du Chocolat
♣️ Autres : Mouhahahahahaha

♣️ Comment as-tu connu le forum ? Euh j'le connaissais depuis un moment mais jme suis enfin décidée à faire le premier pas =O (Iles aux Joyaux)
♣️ Code Règlement ? OK (Renou)

♦️ Personnage ♦️




♣️ Nom : Abysse
♣️ Surnom : La Blanche ou la Fille des Eaux
♣️ Race/Classe : Humaine
♣️ Age : 22 ans




♦️ Apparence ♦️


Abysse possède un regard remarquable, attirant. Iris d’un bleu profond cerclé d’un anneau noir, ses yeux envoûtant sont encadrés de longs cils immaculés. Rehaussés par de fins sourcils légèrement obliques, son regard a tendance à déstabiliser ceux qui le croisent. La plupart du temps, la jeune femme s’amuse à les maquiller en les soulignant de noir afin de renforcer l’intensité de ses yeux.

Les traits fins et harmonieux, le visage d’Abysse révèle une certaine élégance. Son teint hâlé, légèrement doré, contraste avec le vermeil de ses lèvres finement ourlées. Elle possède une bouche charmeuse, prompte à sourire et séduire. Autour de son nez, droit et discret, se trouvent une multitude de tâches de rousseur, presque imperceptibles. D’un tempérament doux et rêveur, il n’est pas rare d’apercevoir un sourire léger et songeur sur les lèvres de la jeune femme. Le visage fin, Abysse n'a presque pas conservé les rondeurs enfantines pourtant si fréquentes chez les humains. Ses traits ne sont pas pourtant dénué de douceur. Au contraire, ils marquent une certaine élégance naturelle qui n'est pas sans rappeler celle des elfes.

Étonnante, la chevelure d’Abysse est d'un blond si clair qu'il se confond avec l'ivoire. Couleur peu commune et attirant les regards, elle est pourtant naturelle. On associe parfois, à tord, la jeune femme à une albinos alors que ses yeux demeurent bleus et son teint légèrement hâlé. Animés parfois de reflets argentés, ses cheveux cascadent librement jusqu’au creux de ses épaules. Complètement lisse, sa chevelure est laissée libre la plupart du temps. Seul un mince fil écarlate semble noué dans l'une des mèches qui encadre son visage et retombe gracieusement au creux de son cou.

Souple et gracile, Abysse possède une silhouette élancée, finement musclée. Ses épaules sont légèrement carrées et ses bras laissent percevoir des muscles saillant, entraînés. Son corps bien que svelte laisse transparaître une certaine force et vivacité. Initiée à la pratique prana-bindu, elle sait contrôler la moindre parcelle de son corps et solliciter ses muscles profonds. Du haut de ses 1m70, la jeune femme représente donc un adversaire redoutable au combat rapproché. Démonstration de la maîtrise parfaite de ses gestes, ses pas semblent littéralement glisser sur le sol.

♦️ Personnalité ♦️


D’une nature discrète, Abysse préfère s’effacer et écouter ses pairs. Peu loquace, elle n’en reste pas moins un personnage agréable et convivial. Bien que souvent rêveuse, plongée dans ses pensées, elle demeure généralement souriante et avenante. Malgré ses airs songeurs, la jeune femme fait preuve d’une mémoire impressionnante. Dotée d’un sens du détail et de l’observation particulièrement aiguisé, rien ne semble lui échapper. Elle est toujours à l’affut du moindre indice ou renseignement. Parmi tous ses sens, le plus acéré reste son ouïe. Soigneusement éduquée, elle peut percevoir les modulations infimes de la voix. Elle peut ainsi décrypter les langages imbriqués. Elle est également une grande mélomane.

Elle sait se montrer patiente et fait preuve d’un tempérament calme et réfléchi. Posée, elle aime analyser chaque situation afin d’en tirer la meilleure alternative. Abysse est avant tout un puissant stratège et une calculatrice hors pair. Sous ses airs innocents et pensifs se cache une jeune femme attentive et très réceptive. Abysse déteste par ailleurs perdre pied et sentir les évènements lui échapper. Elle a constamment besoin de ce sentiment de contrôle, lui permettant d’avoir prise sur l’instant présent. Ainsi, chaque acte qu’elle effectue, chaque parole qu’elle prononce est minutieusement calculée et modérée.

Ainsi, la jeune femme se trouve être un personnage relativement cérébral. Néanmoins, elle sait entrer en action et solliciter le plus infime de ses muscles lorsque la situation l’exige. Sûre de ses capacités physiques et de sa maîtrise du combat aux corps à corps, Abysse n’hésitera pas à en user en cas de danger. Déterminée et perfectionniste, elle se donne toujours les moyens de parvenir à ses fins. Elle demeure toutefois d’un tempérament relativement doux et paisible. Introvertie et d’apparence timide, la jeune femme est particulièrement méfiante. Elle ne peut s’empêcher de décrypter chaque geste, chaque réaction. La jeune femme parvient donc difficilement à accorder sa confiance.

Pour le reste, Abysse apprécie le calme et la musique. Elle pratique d’ailleurs divers instruments tels que la flûte traversière et la mandoline. Lorsqu’elle se trouve plongée dans une réflexion intense, Abysse porte souvent sa main au niveau de sa bouche et plisse les yeux. Dans ce genre de situation, il lui arrive également de se mordre la lèvre inférieure. Par ailleurs, consciente du trouble que provoque son regard, elle s’amuse à en jouer pour déstabiliser ses interlocuteurs. Elle semble transcender ceux qu’elle fixe, passer au travers et voir au-delà des apparences.

♦️ Récapitulatif & Détails ♦️


♣️ Profession : Reître
♣️ Origine : Océan
♣️ Famille et Relations : Aucune
♣️ Qualités, Talents : Patience, calme, réfléchie, confiante
♣️ Défauts : Calculatrice, méfiante, introvertie, téméraire




Dernière édition par Abysse Yclette le Ven 8 Juin - 11:17, édité 10 fois
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InvitéInvité
Dim 3 Juin - 11:58
Équipement :
Abysse opte toujours pour une tenue vestimentaire sobre et confortable. La plupart du temps, elle revêt donc un pantalon sombre en toile épaisse renforcé par des pièces de cuir bouilli. Il est retenu par une large ceinture à boucle métallique. Elle porte également un plastron corseté et lacé dans son dos. Ce dernier est en cuir bouilli et en laine épaisse. Il laisse son épaule droite nue tandis qu'il recouvre son bras gauche jusqu'au coude. Il le dissimule ensuite sous une ample chemise blanche dont elle remonte les manches au niveau des coudes. Elle porte des brassards de cuir clouté sur les avant-bras. En extérieur, elle se munie également d'un pourpoint pourpre épais et lacé sur les flancs. Selon le climat, elle peut également utiliser des gants fins en cuir ainsi que d’une longue étoffe pourpre en guise d'écharpe. Elle peut aller jusqu'à endosser une lourde cape de laine bouillie noire au col surmonté de fourrure. Cependant, jugeant le vêtement encombrant, elle ne le porte qu'en des températures extrêmement basses. Afin de pouvoir se mouvoir sans gêne, la jeune femme porte des bottes basses à lacets et aux semelles conçues pour la marche.

Comme sa tenue de voyage n'est pas toujours à la convenance des situations, Abysse opte alors pour un pantalon plus léger et dans une étoffe plus raffinée. Elle porte également une tunique blanche qui tombe avec légèreté et souligne ses formes féminines. Les bords de la tunique sont brodés de fils dorés et le col est maintenue par une élégante broche. Pour mieux souligner ses formes, elle ceint sa taille d'une corde finement tressée. Pour ne pas garder les bras nus, elle se munie de très longues mitaines grises. Ces dernières sont maintenues par des bijoux finement travaillés. Quant à ses bottes de marches, elle les troque contre des bottines plus élégantes mais tout aussi confortables, elle ont la même couleur que ses mitaines. N’étant guère de nature très coquette, Abysse n’a pratiquement pas de bijoux. Elle possède seulement deux petits anneaux d'argent à chaque oreille. Abysse ne se sépare jamais d'une flûte taillée dans le même ivoire que son Krys. Elle la porte à sa taille, enfermée dans un étui rigide de bois et de cuir. Ses effets personnels, c'est-à-dire l’essentiel pour le voyage, se situent dans une petite sacoche qu’elle porte à la taille, sur sa ceinture. Cette sacoche contient entre autre quelques poisons aux particularités diverses.


Armes :
Concernant les armes, la jeune femme possède un Krys qu’elle porte la plupart du temps glissé dans son dos à l'horizontale, au bas des reins. Cela lui permet de le dégainer rapidement. Il lui arrive parfois de le glisser aussi dans son corset, au niveau de la poitrine si elle tient à le dissimuler. Le Krys n'est pas un poignard en acier. Il s'agit en fait d’une dent d'un animal disparu qui vivrait dans les abysses océaniques. La lame est d'un blanc immaculé et le fil est naturellement aiguisé. Abysse le possède depuis les origines de son long pélerinage.

De plus, la jeune femme porte toujours à sa ceinture un Boo. C’est un petit boomerang en métal. L’extérieur de la courbure est particulièrement effilé. Une fois lancé, les sillons et autres gravures qui parcourent le métal ont pour effet de créer des dépressions autour du Boo. Ces dernières confèrent au boomerang une trajectoire légèrement chaotique et difficilement prévisible. En revanche, cette particularité rend le boomerang difficile à utiliser: seul un œil entraîné peut en suivre les mouvements. Son utilisation requiert donc une maîtrise parfaite. Abysse n'en a recours uniquement que lorsqu'elle suffisamment pu analyser une situation donnée.

L'arme principale d'Abysse reste toutefois une épée bâtarde nommée Féale. Plus courte que les épées ordinaires et plus fine, elle possède elle-aussi un double-tranchant. Légère, l'arme peut s'utiliser à une seule main. La lame est issue d'un excellent acier, forgée par les drows. Il s'agit d'une arme de bonne facture. La garde en croix est simple malgré quelques gravures florales à la base de la lame. La poignet est recouverte de lanières de cuir épaisses et le pommeau serti d'un petit saphir.


Compétences :
Abysse a été formée selon la discipline particulièrement stricte qui consiste a éveiller son corps et son esprit au monde qu'il l'entoure. Ainsi, elle possède des capacités physiques et sensorielles affutées. Disciple de l'entraînement physique Prana-Bindu, la jeune femme se révèle être une redoutable adversaire au corps à corps. Le terme Prana-bindu recoupe diverses techniques visant à développer les capacités physiques et nerveuses (muscles du corps et réponse nerveuse pour un rendement musculaire optimum et des réflexes ultra-rapides). Cet entrainement spécial à pour conséquence de donner aux disciples un art de combat mortel, qui fait appel à l'hypersensibilité et à la maitrise totale de tous les muscles du corps ainsi que des réactions nerveuses. [Terme emprunté à l'univers Dune de Frank Herbert] La jeune femme possède également un don d'observation et d'analyse particulièrement accrus. Elle constitue en outre un stratège et une tacticienne hors pair. Il est à remarquer qu'en combat elle fait preuve d'un sang froid et d'une témérité surprenante.

Compagnon :
Stain. Tel est le nom que la jeune femme a donné à son compagnon le plus fidèle. Corbeau des montagnes, elle l’a recueilli il y a quelques années. A l’instar de ses pairs, son plumage est d’un noir d’encre. Ayant atteint sa taille adulte, Stain est un oiseau relativement grand et son envergure doit approximer les 80 centimètres. L’oiseau est un animal très intelligent donc la jeune femme s’est rapidement prise d’affection. Il représente non seulement une agréable compagnie mais aussi une aide certaine. Ce dernier accompagne toujours Abysse et l’appuie parfois pour se repérer lorsque les sens de la jeune femme lui font défaut. Rusé, Stain aime jouer des tours aux autres habitants de Château Rouge. En effet, le corbeau est capable de répéter les derniers mots qu’il entend. Il s’amuse parfois à les induire en erreur et à égarer quelques voyageurs par ses échos et imitations. La jeune femme ne semble pas être peinée par les tours de Stain. Au contraire, la plupart du temps elle s'en amuse lorsqu’on vient lui raconter les désastres que le corbeau vient encore de faire. Par ailleurs, Abysse transporte toujours avec elle une sacoche remplie de graines afin d’en régaler le corbeau.

__________________________________


Alors, euh, et bien j'ai une petite question.

J'aimerais écrire un peu plus d'une quinzaine de lignes concernant les descriptions physiques et mentales de mon personnage, puis-je ? C'est une étape importante pour moi de décrire mon personnage afin de bien me mettre dans sa peau. J'ai tendance du coup à aller dans le détail. Je voudrais donc savoir si ca vous dérange pas que je vous ponde un roman
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InvitéInvité
Dim 3 Juin - 13:28
Les vagues lui battaient mollement les chevilles. Gonflés d’eau, ses poumons peinaient à prendre quelques brassées d’air. Elle toussa, encore. Sa main droite restait crispée sur la dent tandis que les doigts de sa main droite s’enfonçaient dans le sable. Un spasme parcourut son maigre corps. Elle cracha quelques gerbes d’eau et inspira profondément, la respiration sifflante. La joue contre le sable chaud, elle appréciait les rayons que le soleil dardait sur elle. Elle se sentait infiniment vivante. Et puis, elle pouvait respirer. Son corps endolori, en revanche, refusait toujours de lui obéir. Elle ne saurait dire depuis combien de temps la mer l’avait recraché et échoué sur cette plage inconnu. Elle était vivante. Tout ce qu’elle demandait.

- Héla regarde-moi ça, on dirait bien qu’c’est un gamin.

- Sûr, c’est plus gros qu’un crabe !

Les voix s’approchaient, le sable crissant sous leur pas. Elle sentait leur ombre sur elle, lui cachant les rayons si chauds du soleil. Elle mourrait d’envie de les renvoyer et de les voir disparaître. Elle n’aspirait plus qu’à rester là et dormir sur la plage. Mordue par la curiosité, elle ouvrit pourtant un œil. La lumière était aveuglante. C’était à peine si elle apercevait le visage qui se penchait vers elle, cachant le soleil. Sa poitrine se soulevait par saccade. L’angoisse la reprenait. Etaient-ils là pour la tuer ? Pour briser sa piètre quiétude ? Peut-être même allaient-ils la rejeter à la mer, l’offrir à ces maudits ténèbres abyssaux. Elle entendait déjà les bruits stridents de la créature, le bois qui se fendait et le bateau qui coulait, encore. Son corps se convulsa, prit de panique.

- Hé mais c’est vivant ! Viens-là, aide moi Ned faut qu’on l’sorte de là c’poisson.

Et elle sombrait, abandonnant son sort aux mains des inconnus. Plus rien de comptait désormais. Elle était vivante.

*
**


Et c’est ainsi que commence mon aventure. Ce jour-là, le destin voulu qu’une caravane marchande fit halte sur la plage où j’échouais. Deux des mercenaires chargés de la défense de la caravane me trouvèrent, gisante, sur le sable. Ils me ramenèrent au campement et m’offrirent les premiers soins. Un prestidigitateur affirma avoir quelques connaissances de médecine. Et c’est ainsi qu’ils me remirent sur pied et me prirent sous leur aile. J’avais dans huit ou dix ans et ne possédait plus aucun souvenir de ma vie passée. Je n’avais ni famille, ni proche et j’ignorais mes propres origines. Et lorsque je cherchais dans ma mémoire des traces de mon passé, je me confrontais inévitablement à un mur de terreurs.

La nuit, parfois, je rêvais d’un bateau, immense. Voiles déchirées et mâts brisés, il affrontait une terrible tempête. Deux hommes s'acharnaient à maintenir le cap. L'un d'eux fut balayé par une lame et balancé par dessus bord. Les cris se mêlaient aux éclairs de la nuit. Pelotée dans un recoin, cherchant à me faire oublier, j’observais l’immense vague qui menaçait de nous emporter. Elle s’abattit avec tant de violence que le pont se fendit en deux. Le souffle coupée, je me sentais emportée, ballotée par les flots et je plongeais inévitablement vers les fonds. Je n’avais de cesse de me débattre, trouver quelques goulées d’air. Et je sombrais, toujours.

Je me réveillai alors en sueurs. Et chaque fois je me répétais que ce n’était qu’un rêve. Tremblante, l’angoisse me tétanisait pendant des heures, refusant tout sommeil. Je n’osais pas même crier, de peur de me noyer, encore. A mon réveil sur la plage, les mercenaires m’avaient trouvée dans un piteux état. Et malgré ma faiblesse, je n’avais voulu lâché un étrange objet que je tenais fermement serré dans ma main gauche. Il s’agissait d’une dent, aussi longue qu’un avant-bras d’adulte. Nul n’en avait vu de semblable. Les hommes de la caravane s’accordèrent à me la laisser, songeant qu’il devait sans doute s’agir de l’unique objet appartenant à mon passé.

Plusieurs semaines après avoir été recueillie par la caravane, je refusais à prononcer le moindre mot. Les lèvres fermement closes, j’étais totalement incapable de parler. Chaque fois que je tentais, une peur sourde s’emparait de moi et aussitôt je me sentais suffoquer. Patients, les hommes de la caravane me prirent sous leur protection et me surnommèrent Abysse. J’étais une enfant étrange. Les cheveux d’un blanc immaculé, le teint pâle, je ne ressemblais guère aux autres enfants de la région. Mes yeux avaient la couleur des fonds marins, d’un bleu abyssaux et l’on tira de là mon surnom. Certains marchands aimaient à m’appeler la Fille des Eaux ou, plus bas, la Noyée. Ces surnoms me tiraient des frissons, mais, je ne disais rien, comme à mon habitude.

En provenance des confins des terres connues, la caravane allait à Château Rouge. Elle comptait y vendre des produits exotiques rares et précieux. A la caravane se mêlaient également quelques musiciens, ménestrels, jongleurs et prestidigitateurs. Un vieil homme qui avait été autrefois musicien et qui vendait désormais quelques instruments issu de contrées éloignées s’était pris d’affection pour moi. Face à mon éternel mutisme, il s’était mis en tête de m’apprendre la musique. Je me révélais être une apprentie relativement douée. J’apprenais vite et me montrais persévérante. Malgré mes airs étranges et mon silence, les hommes de la caravane m’appréciaient bien. Chacun m’apprenait une part de leur savoir. J’appris ainsi les lettres, l’art d’observer le vol des oiseaux, de préparer un feu et dresser un camp, de reconnaître les plantes comestibles et celles qui ne l’étaient pas. Le prestidigitateur qui m’avait soigné m’appris même quelques tours pour mon plus grand bonheur.

Et la vie se déroulait ainsi, lentement et j’apprenais ce que les hommes de la caravane voulaient bien m’enseigner. J’essayais de me rendre aussi utile que je le pouvais. Certains soirs, au coin de feu, je jouais avec quelques musiciens pour égayer les soirées. Très vite, j’excellais à jouer de la flûte et appris à m’en tailler une dans du bois de merisier. La caravane faisait souvent halte dans les villages qu’elle traversait. Les habitants accueillaient généralement avec enthousiasme les marchands, friands de nouvelles extérieures. Les temps étaient durs. On parlait de créatures ténébreuses dans les forêts et de monstres terrifiants dans les montagnes. La présence de mercenaire pour surveiller la caravane ne m’était alors jamais parue aussi judicieuse. A plusieurs reprises, la caravane essuya quelques attaques. Il ne s’agissait nullement de monstres cependant mais de voleurs et autres détrousseurs de grands chemins.

Chaque homme de la caravane qu’il soit marchand, musicien ou mercenaire savait manier une arme et défendait hardiment la caravane chaque fois qu’elle se trouvait attaquée. Sous mes insistances, on m’apprit à moi aussi à me défendre. Cela ne faisait qu’un an que je sillonnais les routes aux côtés de la caravane mais je me battais correctement au bâton et usait de mon lance-pierre avec habileté. Bien que menue, j’étais une jeune fille souple et agile. Je grimpais aux arbres mieux que personne et servait souvent de vigie lorsqu’on approchait de quelques endroits dangereux. Je me révélais une enfant vive d’esprit et de corps. Et malgré mon éternel mutisme, j’étais heureuse. Peu à peu les rêves de noyades s’estompaient en faveur d’un sommeil tranquille.

Je voyageais à bord de la caravane pendant six ans durant. Plusieurs fois nous fîmes escales pour Château Rouge, déballant nos marchandises exotiques. Nous y restâmes quelques mois avant de reprendre les routes en direction de contrées éloignées. Les caravanes marchandes représentent généralement les seuls liens avec l’extérieur. Les histoires des conteurs et ménestrels de la caravane étaient très prisés dans la capitale. On nous faisait parfois offrande de quelques plats ou autres effets de la vie courante dans Château Rouge. Nous faisions également quelques réserves avant de reprendre la route.


*
**

Elle avait quinze ans maintenant. Abysse était un joli brin de jeune fille. Souple et agile, ses gestes étaient graciles et habiles. Une fois de plus, elle devança la tête de la caravane et s’enfuit dans le sous-bois. En quelques secondes à peine, elle s’était hissée au sommet d’un arbre. De là-haut, elle regardait la caravane défiler sous ses yeux. Un sourire épanoui aux lèvres, elle n’en oubliait pas de jeter quelques coups d’œil autour d’elle pour s’assurer que les lieux étaient sûrs. Les pilleurs étaient rares depuis quelques temps. Lorsqu’elle eut passé la moitié de la caravane, Abysse se laissa glisser le long du tronc. Elle s’immobilisa sur une branche basse, prête à sauter au sol. Un léger bruit attira son attention sur la gauche. Elle fouilla les lieux du regard.

Un léger gazouillis lui parvenait. Curieuse, la jeune fille se dirigea vers l’origine des bruits. Elle y découvrit une boule brune qui ne cessait de pépier. Elle tendit vers elle un minuscule cou et dévisagea Abysse. La jeune fille lui rendit un sourire radieux avant de se pencher vers l’oisillon. Elle le saisit délicatement et le posa dans la paume de sa main. Le minuscule corbeau n’osait esquisser le moindre geste. Délicatement, elle lui lissa les plumes du bout des doigts. Son sourire ne cessait de s’agrandir. Et lorsque l’oiseau s’ébroua, tout satisfait qu’il était, elle ne put contenir un cri de ravissement.

« Stain » chuchota-t-elle.

L’oiseau lui répondit par un pépiement. Abysse le serra contre sa poitrine et sauta prestement au sol. Déjà elle courrait pour rejoindre la caravane. Lorsqu’elle en eu atteint la fin, elle se présenta au premier homme qu’elle rencontrait et lui tendit l’oisillon en murmurant « Stain ». Et déjà, elle s’enfuyait en riant pour présenter l’animal à l’homme suivant. La jeune fille courut pendant une bonne heure, tenant à montrer le petit corbeau à tout le monde et le serrant contre sa poitrine. Haletante, elle irradiait de bonheur.

*
**


Et c’est ainsi que je prononçais les premiers mots depuis que l’on m’avait recueillie. Je devais avoir quatorze ans ou presque. Les hommes de la caravane accueillirent cette nouvelle avec joie. Je n’étais point muette et au contraire, je ne cessais de gazouiller à l’instar de l’oiseau que j’avais trouvée. Ce dernier me tient toujours lieu de compagnon et comme vous vous en doutez, il se nomme Stain.

Avec le retour de ma voix, j’appris à chanter et énoncer tous les mots que je pouvais lire. Curieuse et affamée de paroles devant tant d’années de mutisme, je ne cessais de poser milles questions à propos de tout. Patients, la plupart des hommes de la caravane y répondaient calmement. Les ménestrels m’apprirent quelques chansons. J’avais une jolie voix et me révélais presque aussi bonne chanteuse que joueuse de flûte. Ayant recouvert ma voix, j’insistais également pour apprendre les armes. J’avais toujours été impressionnée par les mercenaires qui défendaient la caravane. Je brûlais d’envie de savoir en faire autant.

Et c’est ainsi que j’appris à manier les armes. L’on m’enseigna les arts de l’épée, du bouclier, de l’arc et même de l’arbalète. Etant relativement menue, je me montrais plus douée pour manier l’épée courte et la dague. J’étais rapide et agile. Au cours d’une halte dans un village d’une contrée lointaine, j’appris également à me servir du boomerang. Lorsqu’on quitta ce village, une connaissance que je m’étais faite m’offrit un Boo, petit boomerang de métal que les habitants utilisaient pour la chasse. Ayant toujours conservé l’étrange dent que j’avais emportée avec moi sur la plage, j’entrepris de la tailler pour en faire un poignard à lame courbe. Avec l’aide de quelques artisans rencontrés en chemin, j’en aiguisais le fil et lui fabriquait pommeau et garde.

J’avais seize ans lorsque, au cours d’une halte à Château Rouge, je décidais de quitter la caravane pour entreprendre mon propre chemin. La plupart des marchands que j’avais connus depuis que l’on m’avait recueilli l’avait quitté. Certains étaient devenus trop vieux, d’autres aspiraient à une vie plus sédentaire. Eprise d’aventures et de voyages comme je l’étais, je rêvais de voler de mes propres ailes. Et non sans verser quelques larmes, je fis mes adieux à la famille qui m’avait accueillie pour me lancer dans l’inconnu. Je mis moins de trois jours pour trouver une nouvelle caravane dans laquelle m’embarquer. L’on m’engagea comme ménestrelle mais également comme mercenaire pour défendre la caravane au besoin.

Et c’est ainsi que commençaient mes premières aventures en compagnie de Stain, fidèle compagnon ailé. Aujourd’hui, j’ai plus de vingt ans et jouis d’une bonne réputation chez les mercenaires. Délaissant caravanes et marchands, je suis désormais un reître reconnu et relativement prisé. Mais tout ceci est loin d’annoncer la fin de cette histoire. Au contraire, tout ne fait que commencer.


L’Histoire n’a pas de Fin.
Baudelaire
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